Arriba Valencia, Viva el Valencia, es el mejor
Arriba Valencia, Viva el Valencia de nuestro corazón
Les chants des supporters résonnent… Plus de 80.000 supporters des deux camps. Dans les vestiaires, les joueurs sont concentrés. La porte s'ouvre. Sir Alex Ferguson vient me donner l'accolade. Affaibli par une opération cardiaque, il a dû quitter son poste il y a un an. Et on m'a donné l'honneur de lui succéder. Aujourd'hui est LE jour… MON jour.
Eclairée de mille feux, la Coupe brille et nous appelle. Aujourd'hui sera sacré le club champion d'Europe. Nous avons dû souffrir pour battre nos rivaux d'Arsenal en quarts de finale, Nous avons du attendre la 89e minute pour éliminer le Barça et nous qualifier pour cette finale. Nous avons rendez-vous avec l'Histoire. Faites-le pour vous. Faites-le pour vos supporters.
29e minute…
« Relance de O'Shea… Rooney récupère. Défense passive des espagnols… Rooney continue face à Alexis. Il sert dans la surface Tevez… Remise pour Anderson… GOOAAAALLL !!! Anderson !!! Anderson ouvre le score pour Manchester !! Quel travail de Rooney ! Quelle remise de Tevez !! Et quelle frappe d'Anderson ! Ca se présente bien ! »
Les chants mancuniens s'élèvent. Le stade résonne de leur joie et de leur bonheur. Mais je sais que le combat ne fait que commencer. Les joueurs adverses vont presser, ils ne se laisseront pas faire. Pas à ce stade. Pas aujourd'hui, pas maintenant.
44e minute…
« Attention l'erreur de Vidic ! Morientes récupère et frappe en première intention ! Frey !! L'arrêt de… Morientes reprend ! Le BUT !! BUT de Morientes !! Egalisation espagnole juste avant la pause !! Frey ne pouvait rien faire !! »
Les Anglais se sont tus. Les Espagnols exultent. Et moi je fulmine. Mais le calme règne dans mon esprit. A chaque échec se trouve une réussite. Et une mi-temps reste à jouer pour la gagner.
Les guerriers modernes rejoignent les vestiaires. Encore sonnés par l'égalisation, ils s'assoient un à un. Nous avons fait trop pour nous arrêter là ! Vous avez fait trop de sacrifices ! Dans vos veines coulent le talent de vos prédécesseurs : George Best, Bobby Charlton, Roy Keane. Souvenez-vous de Munich… Souvenez-vous de Roger Byrne, Duncan Edwards, Tommy Tailor. Ce club, ce maillot, son histoire, ses supporters… et vous. C'est vous qui jouez, pour que nous gagnions tous.
Les gladiateurs rentrent dans l'arène. Le combat va reprendre.
50e minute…
« O'Shea récupère le ballon. Il joue sur Ronaldo. Le une-deux rapide. O'Shea continue sa course. Encore Ronaldo. Passe pour Anderson, qui sert Rooney ! Rooney !!! GOOOOOOAAAALLLL !!! WAYNE ROOOOOONEY !! »
Le stade chante :
I saw my mate the other day,
he said he met the white Pele,
So I asked who is he ?
He goes by the name of Wayne Rooney !
Le match sera difficile… J'envoie quelques joueurs s'échauffer. Et je tente de surprendre. Même lorsqu'on mène, nous devons surprendre. Devant un mur il faut trouver la faille, devant une autoroute il faut se méfier du piège, et dans un combat il faut surprendre son adversaire. Encore et toujours surprendre pour l'emporter.
83e minute…
« Il fait sortir Cristiano Ronaldo ! Et Nani le remplace ! Je ne sais pas ce que ça veut dire… et Tevez aussi sort ! Et le jeune finlandais recruté au mercato rentre ! Il veut essayer d'en mettre un 3e ! Il reste à peine 7 minutes dans le temps réglementaire ! Il faut tenir ! C'est un pari stupide ! »
Alea Jacta Est.
89e minute…
« Superbe jaillissement de Ferdinand ! Le ballon arrive sur Anderson. Remise pour Nani. Une-deux avec Anderson. Le Brésilien a de l'espace. Il sert Aaritalo. Qui sert Nani. Nani est lancé. Il passe Marchena. Il centre. Alexis dégage… Aaritalo !! GOOOOOOOOOOOOAAAAALLLLL !! Le Finlandais marque !! Aaritalo offre définitivement cette Ligue des Champions à Manchester !!! »
Le stade fusionne. Dans les travées anglaises, la joie est indescriptible. 9 ans après le précédent, 40 ans après le premier, 50 ans après le drame de Munich, Manchester United gagne la Ligue des Champions en battant Valence, éternels seconds.
Le podium est monté. Le cœur serré, je reçois ma médaille. Rempli de fierté, les joueurs brandissent le trophée. Le symbole de notre travail, de nos sacrifices, de nos choix, de nos réussite et de nos échecs. A la fois précieux et futile… Nous commençons tout en bas, nous entraînons des clubs sans moyens dans des divisions inconnues, nous montons, nous réussissons, nous échouons, nous voyageons puis on nous donne le droit d'entraîner l'un des plus grands clubs du monde, nous le montons au sommet et espérons ne jamais en redescendre.
Après les félicitations de Sir Bobby Charlton, je suis seul face à moi-même. A chaque victoire, sur le métier je remettrais mon ouvrage, car la défaite me remettra en question. Et si l'adrénaline monte dans mes veines à chaque match, si le bonheur indicible de la victoire souffle aujourd'hui, le prochain match sera un autre combat. Parce qu'un jour, de battre mon cœur s'arrêtera.
Cet article a été rédigé par JLS de www.francemanager.net pour la Communauté Francophone